So far away, livre de photos

Sortie le 3 novembre 2021, Éditions Ramsay.
En précommande chez votre libraire.
200 photos d’ici et d’ailleurs sur 180 pages agrémentées de textes écrits par Nicolas

« Depuis que j’ai 16 ans, l’image est en moi, comme un complément de cette musique que je rêve de faire et que je fais déjà, l’image me poursuit et me parle et me guide. Peut-être que c’est venu beaucoup plus tôt, quand un Brownie Flash carré de chez Kodak fit son apparition pour ce Noël de mes neuf ou dix ans. Une histoire d’amour, quelque chose qui s’installe à jamais sans que vous le sachiez. Tout est dans le regard et surtout dans cette envie que vous pouvez avoir de regarder, de chercher l’impalpable, le caché derrière, la lumière qui frôle sans trop éclairer, mais qui souligne, embellit, creuse et définit les ombres. Pour moi l’image et donc la photographie est écriture, aussi touchante et émouvante que quelques notes de musique qui font pleurer ou sourire, quelques lignes de mots qui restent dans la tête parce que de leur présence est venue la réflexion ou l’émotion ou les larmes ou les éclats de rire. Des années à me trimballer partout des drôles de machines pour emprisonner les images, si encombrantes que parfois le plaisir semblait absent du voyage jusqu’au moment où l’image était là grâce à la fameuse machine. J’en aurai fixé sur pellicules quand elles existaient encore au quotidien des ciels de toutes couleurs, faits de dégradés et de presque nuits, de soleils tout au bord des abîmes d’horizons lointains, de nuages dont les formes me rappelaient les jeux de mon enfance où chacun essayait d’expliquer à l’autre ce qu’il voyait dans les stratus ou les cumulus. Si j’aime les ciels, j’aime autant les gens, les gestes, les attitudes, les visages et les corps, et parfois les faiblesses comme celle de ce vieux monsieur juste en face de Santiago de Cuba s’apprêtant tout doucement à aller se baigner aidé par peut-être son petit-fils. Chaque fois, j’étais heureux parce que je savais que l’image était belle et surtout parce que j’avais le sentiment que je n’avais pas dérangé et que ma petite intrusion dans leur intimité était beaucoup plus admiration, que voyeurisme. Tout est prétexte à photo, des reflets de ciels tourmentés dans un pare-brise au lever du jour jusqu’au Mont St Michel décalqué sur le toit d’une voiture au tout début de la nuit… Quand on aime regarder, on trouve mille raisons d’emprisonner l’instant et l’endroit et la lumière et ces petits rien du temps qui passe, mais restera toujours là pour nous grâce à l’image emprisonnée à jamais pour qu’on s’en souvienne et que chaque émotion autour d’elle nous dise encore une fois je suis là… »

Nicolas Peyrac

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