grand chose, je suis l’enfant du pays qui a commencé à faire quelque chose à Paris et on souhaite me voir sur scène avant l’artiste de légende qu’est Mouloudji… Je n’ai pas de musiciens, m’accompagne avec ma seule guitare mais comme je suis quand même carrément inconscient, je chante 24 chansons avant l’artiste vedette, ce qui est n’importe quoi parce que même si on est le régionnal de l’étape, on chante 6 ou 7 chansons mais jamais 24! Devant cette première partie qui n’en finit pas, Mouloudji commencera même à remballer ses affaires pour retourner à Paris… Je me souviens l’avoir appelé le lendemain pour lui faire des excuses…

En cette fin de l’année 1974, vu l’ampleur de mon insuccès discographique, Pathé Marconi décide de me rendre mon contrat d’artiste mais le directeur des fameuses Éditions Éco Music, Philippe Constantin, prend sur lui de convaincre sa direction qu’il faut persévérer, il va même jusqu’à proposer de participer à hauteur de 50 pour cent dans la production d’un album à budget limité, mais album quand même… Il se base sur les conseils d’un nommé Claude Dejacques, un des plus grands directeurs artistiques de Paris, à qui il a fait écouter une bande avec une vingtaine de mes maquettes, et qui accepte de s’occuper de mon cas.

Pour cet album, Claude pense que c’est Jean Musy qui doit poser sa griffe sur les arrangements des chansons, et il a raison, la complicité avec Musy sera totale, la confiance absolue. L’album est terminé, je ne sais pas s’il y a un ou des titres qui peuvent passer à la radio, la photo de pochette est l’œuvre d’un copain à moi Philippe Leroy, celui-là même qui m’avait quelques années avant donné envie de faire des photos quand je le voyais tellement passionné par ses films super 8. L’album sort le 10 mars 1975, c’est la seule date dont je me souvienne en ce qui concerne une sortie d’album, et là encore il ne se passe rien!